Le nouvel an iranien…


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Cette année, en 2016, au passage du printemps, nous avons fêté le passage entre l’année 1394 et 1395 ! Salé No Mobarak à tous !! Afficher l'image d'origine

Depuis le 23 février 2009, l’UNESCO a fait de Norouz une journée internationale figurant dans la liste de l’héritage culturel du patrimoine mondial.

Le mot « Norouz » est composé de deux morphèmes : « Now » et « rouz » qui signifient « nouveau » et « jour ». Il s’agit du nom attribué à la plus grande fête iranienne. Cette fête coïncide avec le premier jour du printemps (21-22 mars), au moment où le soleil entre dans le signe du bélier, le premier signe du zodiaque.
A propos des origines de cette fête, les chercheurs ont plusieurs avis, qui parfois divergent quelque peu, mais trouvent tous leur origine dans des rites et traditions ancestrales persanes. Selon les traditions iraniennes mythiques et zoroastriennes, Norouz est le jour où Dieu créa l’univers. Il marque la renaissance. C’est également le jour de la création de Gayumarth, le premier roi mythique dans le Shâhnâmeh de Ferdowsi, qui fut plus tard assimilé à Adam.

D’après le récit du Shâhnâmeh de Ferdowsi, grand poète iranien du Xe siècle, promoteur de la langue et de la culture persane, Norouz correspond au jour du couronnement du mythique roi perse Djamshid : « Il fit un trône digne d’un roi, et y incrusta toute sorte de pierreries ; et à son ordre les démons le soulevèrent et le portèrent de la terre vers la voûte du ciel. Le puissant roi y était assis comme le soleil brillant au milieu des cieux. Les hommes s’assemblèrent autour de son trône, étonnés de sa haute fortune ; ils versèrent sur lui des joyaux, et donnèrent à ce jour le nom de jour nouveau/ Noeurouz (sic) : c’était le jour de la nouvelle année, le premier du mois Ferverdïn. En ce jour, le corps se reposait de son travail, le cœur oubliait ses haines. Les grands, dans leur joie, préparèrent une fête… et cette glorieuse fête s’est conservée, de ce temps jusqu’à nous, en souvenir du roi.« 

Le Shâhnâmeh relate que le guerrier Djamshid s’était toujours battu contre le mal. C’est à l’issue victorieuse d’une grande bataille qu’il fut couronné roi, apportant la liberté et la paix à son peuple. C’est ainsi que la date du couronnement du roi devint une fête, Norouz, qui fut célébrée chaque année au palais de l’Apadana (à Persépolis, construit par Darius). Cependant, dans la plupart des textes anciens persans, Djamshid, l’empereur pishdadien de la Perse, est cité comme le fondateur de cette fête.

Quels sont les symboles traditionnels et les cultes du nouvel an chez les Iraniens ?

Tchâhâr Shanbeh Souri
Le dernier mardi soir de l’année solaire (au mois de mars) cette fête est célébré par les Iraniens. On pourrait la traduire par « mercredi enflammé ». Toutes les familles et tous les voisins sortent dans la rue, allument des feux et sautent par-dessus. C’est l’occasion d’un grand rassemblement populaire pour fêter ce jour ensemble. De grands feux sont allumés. La coutume est de sauter par-dessus, pour prendre la force des flammes et se débarrasser de ses maux.Durant le "mercredi enflammé", les Iraniens allument des feux et sautent par-dessus pour se débarrasser de leurs maux et gagner la force, la pureté et la vitalité du feu

Ils disent « zardie man az to, sorkhie to az man », ce qui signifie littéralement « Je te donne ma couleur jaune, tu me donnes ta couleur rouge » en référence à la puissance du feu, mais figurativement « je te donne ma pâleur (ou ma maladie), je prends ta force (ta santé) ». Cette croyance remonte à l’époque zoroastrienne, en Perse. Les zoroastriens pensaient que sauter par-dessus le feu leur permettrait de se débarrasser de leurs maladies et d’acquérir la force vitale du feu, symbole de santé et de bien-être.

Cette fête du feu est accompagnée d’une série de cérémonies et de traditions comme le fait d’offrir des sucreries connues sous le nom de âjil-e moshkel goshâ, mélange de noisettes, de pistaches, de noix, de raisins secs, de mûres blanches séchées etc. Ces sucreries sont les symboles de la santé et du bonheur partagés durant l’année passée.

D’après la tradition, les esprits des ancêtres rendent visite aux vivants les derniers jours de l’année, et beaucoup d’enfants s’entourent de draps, rejouant ainsi symboliquement les visites des morts. Ils courent aussi dans les rues en tapant sur des boîtes et des casseroles et frappent aux portes pour jouer des tours aux gens. Ce rituel est appelé qashogh-zany (battage de cuillers) et symbolise le fait de chasser le dernier mardi de malchance de l’année.

Durant le "mercredi enflammé", les enfants se déguisent et tapant sur des casseroles, frappent à la porte des voisins pour recevoir des sucreries et des petits cadeaux

Dans les rues, les derniers jours avant le nouvel an, il est aussi possible de rencontrer Hadji Firouz, personnage traditionnel maquillé de noir et vêtu de rouge, muni d’un tambourin qui chante et danse en souhaitant ses bons vœux pour la nouvelle année.

Hâdji Firouz

Il y a plusieurs autres traditions cette nuit-là, dont les rituels de Kûzeh Shekastan, pendant lequel on casse des jarres en terre qui contiennent symboliquement la mauvaise fortune de quelqu’un, Fal-Gûsh ou l’art de la divination en écoutant les conversations des passants et le rituel de Gereh-gosha-î, faire un nœud dans un mouchoir ou un tissu et demander au premier passant de le défaire afin d’éloigner la malchance de quelqu’un.

Le nouvel an arrive avec le Printemps
Les fêtes de Norouz sont préparées dès le dernier mois de l’hiver, les Iraniens font alors un grand nettoyage dans les maisons afin d’accueillir au mieux la nouvelle année. Tout d’abord, dès le début du mois de mars, on fait germer des lentilles ou du blé dans une assiette qui, une fois levés, formeront un petit tapis haut d’une dizaine de centimètres et que l’on ceinturera d’un ruban de couleur plutôt rouge. Pour ce faire, on prend les lentilles ou le blé que l’on dépose dans une assiette puis que l’on couvre avec un chiffon ou du coton et que l’on conserve dans un endroit relativement abrité à l’intérieur. Quand les germes apparaissent, on découvre les assiettes : c’est ce qu’on nomme sabzeh.

Durant cette période se déroulent aussi les cérémonies des achats de Norouz, achats qui doivent se faire en famille et qui consistent avant tout en l’achat d’habits neufs, spécialement pour les enfants. On achète également des produits et des aliments qui vont servir pour le jour même de Norouz. Durant les derniers moments précédant le passage à l’année suivante, c’est-à-dire la veille du nouvel an, les rues sont très animées. Le lendemain, le 1er Farvardin (21 mars), 1er jour de la nouvelle année, débutent les traditionnels ’eïd didani, « les visites de famille ». Selon les traditions, c’est toujours aux plus jeunes d’aller rendre visite aux personnes les plus âgées de la famille. En allant rendre visite aux grands-parents, aux oncles et tantes de leur famille, les enfants reçoivent des cadeaux ou parfois de l’argent.

Toute la famille se réunit autour du plat traditionnel du 1er jour de Norouz : sabzi polo bâ mâhi. Il s’agit d’un plat de riz avec des herbes hachées et parfumées comme du persil, de l’aneth et de la ciboulette. Ce plat est toujours servi avec du poisson et un plat de koukou sabzi, sorte d’omelette aux herbes (ce sont les mêmes herbes que pour le sabzi polo).

Sabzi PoloLes haft sin
La tradition principale de Norouz est la disposition des haft sin. Il s’agit de sept éléments dont le nom commence par la lettre « s » ou sin de l’alphabet persan. Ce sont sept objets spécifiques disposés sur une table correspondant aux sept créations et aux sept immortels les protégeant.
On les dispose sur une nappe sur la table et ils y restent jusqu’au 13e jour après le nouvel an.

La liste suivante est un exemple des objets servant à faire les Haft Sîn, bien qu’il n’y ait pas de consensus permettant de dire lesquels sont les sept concernés :

Sabzeh – germe de blé ou lentille poussant dans un plat (symbole de la renaissance)
Sir – ail (symbole de la médecine)
Samanou – pâte marron très sucrée faite avec des germes de blé (symbole de l’abondance)
Senjed – petit fruit séché du jujubier (symbole de l’amour)
Somâq – épice en poudre de baies de sumac (symbole de la couleur du lever du soleil et santé)
Sib – pomme (symbole de la beauté et bonne santé)
Serkeh – vinaigre (symbole de l’âge et la patience)
Sonbol – jacinthe (symbole de l’arrivée du printemps)
Sekkeh – pièces de monnaie (symbole de la prospérité et de la fortune)

Le plus souvent, on décore la table avec d’autres objets tels que :
Un miroir
Des œufs colorés (symbole de fertilité)
Des bougies (bonheur)
Des poissons rouges (vie)
Un bol d’eau contenant une orange amère (la terre flottant dans l’espace)
De l’eau de rose pour ses pouvoirs magiques nettoyants
Un livre sacré (par exemple le Coran) ou encore un livre de poésie (presque toujours le Shâh Nâmeh ou le divan d’Hafez )

Sizdah bedar
Norouz dure douze jours. Le 13e jour que l’on l’appelle sizdah bedar veut dire « passer le treizième jour à l’extérieur ». Les célébrations du 13e jour, viennent de la croyance des anciens Perses que les 12 constellations du Zodiaque contrôlaient les mois de l’année, et que chacun régnait sur la terre pour un millier d’années. À la fin de ce cycle, le ciel et la terre sombraient dans le chaos. En conséquence, Norouz, dure 12 jours et le 13e représente le chaos, moment pendant lequel les familles mettent l’ordre de côté et évitent la malchance associée au nombre treize en allant dehors et en profitant d’un pique-nique et d’une fête.
Afficher l'image d'origineA la fin de cette journée, les sabzeh cultivés pour le haft sin sont jetés dans de l’eau courante, par exemple dans une rivière pour faire disparaître la maladie et la malchance de l’année qui est en cours.

Il est également coutume chez les jeunes filles célibataires de faire un nœud dans le gazon des parcs avant de partir afin d’exprimer leur souhait de se marier avant le sizdah bedar de l’année suivante.

Calendrier
Le calendrier persan (ou iranien) est un calendrier solaire. Il descend des calendriers zoroastriens de la Perse pré-islamique.

Les années sont comptées à partir de l’hégire, soit l’an 622 ; cependant, la date du 16 juillet, traditionnellement retenue pour l’Hégire, est remplacée par celle de l’équinoxe de printemps : le 1er Farvardin de l’an 1 correspond donc au 21 mars 622 du calendrier julien. On dit aussi que, contrairement à l’usage en vigueur dans les pays musulmans sunnites, les chiites (Persans principalement) comptent leurs années à partir de la Révélation de Gabriel à Mahomet, c’est-à-dire en 621 ap. J.-C.

L’année commence à l’équinoxe de printemps : les mois sont donc à peu près calés sur le découpage zodiacal de l’année. Les mois prennent d’ailleurs le nom arabe des signes du zodiaque en Afghanistan tandis qu’en Iran ils ont des noms dérivés de concepts zoroastriens.
Ci-dessous les noms iraniens (les dates peuvent varier légèrement en fonction de la date effective de l’équinoxe de printemps).
Calendrier_persePour savoir quelle année on fête en iran, rendez vous ici 

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